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Article: Port de Shanghai, une économie-fleuve

Discussion dans 'Business en Chine : Conseils' créé par samz, 22 Juillet 2004.

  1. samz

    samz Membre Gold

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    Port de Shanghai, une économie-fleuve

    L'afflux de matières premières asphyxie l'un des pôles économiques les plus actifs de la planète.

    Par Pierre HASKI

    jeudi 22 juillet 2004 (Liberation - 06:00)

    Shanghai envoyé spécial



    Quand on va visiter le port de Shanghai, il faut oublier l'image du port asiatique sur lequel travailleraient des milliers d'hommes en sueur pour débarquer les marchandises. Même au pays des bas salaires, on ne voit pas un être humain sur le terminal des conteneurs de Waigaoqiao, situé sur l'estuaire du fleuve Yang-tsé, l'un des pôles économiques les plus actifs de la planète. Sur le quai de la société Shanghai Pudong International Container Terminal, coentreprise entre l'Etat chinois et Hutchison Whampoa, la firme du magnat hongkongais Li Ka-shing, la machine tourne à plein : le volume traité a été multiplié par trois en quatre ans... «Il y a de plus en plus de trafic, la pression est très forte. Nous sommes contraints d'aller de plus en plus vite», explique la porte-parole de la société. Située à 25 kilomètres du centre de Shanghai, au bout de la presqu'île de Pudong, sur laquelle ont surgi des centaines de gratte-ciel ces dix dernières années, la zone portuaire de Waigaoqiao donne la mesure de la montée en puissance de l'économie chinoise.

    Le rythme de ces derniers mois a été tel qu'une pénurie de conteneurs est palpable sur le port de Shanghai, et il n'y a pas assez de péniches et bateaux fluviaux pour remonter le long du Yang-tsé. Sur l'autre fleuve de Shanghai, le Huangpu, au niveau du terminal du vrac, où arrivent les matières premières et les produits alimentaires, l'engorgement a fait exploser les tarifs du fret maritime : ils ont été multipliés par cinq en un an, avant de revenir à des niveaux plus raisonnables. En cause : l'explosion de la production d'acier en Chine en réponse aux besoins de la construction et de l'automobile, deux secteurs aux rythmes de croissance à deux chiffres que tente de «refroidir» en douceur le gouvernement chinois. «C'était devenu infernal, témoigne un courtier maritime étranger à Shanghai. Les importations chinoises de minerai de fer, nécessaire à la production d'acier, ont doublé en trois ans. Il n'y avait plus assez de navires, les prix ont explosé : les armateurs ont gagné beaucoup d'argent et ils commandent beaucoup de navires.» Cet emballement a provoqué un début d'asphyxie à l'arrivée : pas assez de capacité de stockage dans les ports, pas assez de trains pour évacuer le minerai de fer, des aciéries en surchauffe. Il y a un à deux mois de stocks dans les aciéries chinoises, là où en Europe on ne conserve que quelques jours d'avance. Et 25 millions de tonnes de minerai attendraient leur évacuation dans les ports chinois. Pékin a pris des mesures drastiques pour calmer cette machine infernale, bloquant temporairement les importations de minerai de fer, interdisant tout nouveau projet d'aciérie. «La pression sur le trafic commence à se calmer», confirme le courtier.

    Cet épisode est révélateur de la manière dont croît l'économie chinoise, mélange détonant de planification et de poussées de fièvre spéculative. Une partie de cette croissance est toutefois volontariste et gérée à coups d'investissements publics massifs. Le port de Shanghai en est le parfait exemple. Il est déjà le troisième du monde pour les conteneurs, le quatrième globalement, mais les dirigeants chinois veulent en faire la première plate-forme maritime au monde, et s'en donnent les moyens. Handicapés par les limites des ports actuels, situés sur les fleuves et non sur la mer, les responsables shanghaïens se sont lancés dans un projet pharaonique : un port en eau profonde situé en haute mer, sur l'île de Yangshan, où tout est à bâtir, y compris un pont de 31 kilomètres entre le port et la ville de Shanghai... Pas moins de 470 piliers doivent être posés en haute mer, certains à cent mètres de profondeur. Technologie danoise, pour le pont, et savoir-faire néerlandais, pour la poldérisation, ont été mis à contribution pour ce projet d'un coût de 14 à 15 milliards d'euros. Lorsque le projet de Yangshan sera achevé, autour de 2020, la Chine sera alors, espère-t-elle, l'une des économies les plus puissantes du monde.
     

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