Dans une contrée lointaine, habite une sauvageonne. Elle se nourrit d’herbe et de racines au quotidien, et n’est jamais allée plus loin que le seuil de sa pauvre cabane délabrée.Donc pour revenir au sujet principal du post, les chinoises qui sont sur internet avec des touristes francais, elles proposent de les accompagner pour profiter un peu de cette argent:
- se faire inviter au resto et bien manger pour 80 rmb
- faire du tourisme gratuitement
Donc ce n'est pas seulement pour trouver un mari...il y a d'autres risques mais elles sont moins dangeureuses pour le foie![]()
Son unique occupation est de guetter, sur ledit seuil de la porte, le passage de ces proies appelées communément « les longs nez ».
Voilà un jour, elle aperçoit arriver de loin un des ces êtres : le nez long, la taille bien prise, la tête haute sur laquelle se dressent des cheveux drus formant une sorte de crête de coq, et détail crucial, les poches bien gonflées.
En un tour de main, la chasseresse a réussi à faire entrer le long nez dans sa combine. S’ensuit une pérégrination sur fond d’escroquerie.
Rustre, c’est que la sauvageonne, par on ne sait quelle magie, n’est vraiment pas dépourvue de moyens. Elle sait aligner des phrases in English, voire baragouiner quelques mots en français. De surcroît, elle est dégourdie : elle entraîne le long nez faire le tour des sites touristiques, gérant la logistique tout en servant de guide. Il lui arrive même d’inventer des explications d’apparence fort instruite en insérant quelques références culturelles ou historiques… Tout ceci pour bien enrouler le long nez dans sa farine bien sûr.
Fin du voyage. L’heure est au bilan :
La chasse est plutôt bonne pour notre sauvageonne : Durant une semaine, elle s’est fait payer deux repas plantureux journaliers d’un montant de 80 yuans chacun. Ajoutent à cela, des centaines kilomètres de voyage, certes fort fatiguant, mais combien revigorant quand elle pense que c’est sa proie qui paye. Une seule déconvenue, elle a bien tenté d’utiliser la ruse, style glisser une promesse de mariage dans la liasse de notes de restaurant à signer par le long nez, mais celui-ci, bien que candide, n’est point idiot. Le petit jeu de la sauvageonne est à chaque fois déjoué.
Côté du long nez : pas besoin de préciser que par le principe du vase communicant, tout ce qui entre dans le bénéfice de la sauvageonne impute sur son budget à lui. Donc, sa perte s’élève à 80 yuans, soit 8 euros, 2 fois par jour pendant 8 jour au titre de restauration, plus une semaine de transport dont le montant dépasse presque la carte Orange mensuelle ! Maigre consolation dans cette affaire : la seule dépense qu’il a eu à engager et qui n’est pas entrée dans le bénéfice de la sauvageonne est le triple cadenas qu’il a acheté pour serrer son porte monnaie.
L’histoire ne dit pas si le long nez, après s’être fait ainsi dépouiller, s’est juré de ne plus jamais retourner dans cette contrée où exercent probablement d’autres sauvageonnes.



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